Marquis de Louvois Ministre

Inscrit le : 14 Oct 2007 Messages : 9 Plume du Passé Statut: Ministre de la Guerre Position politique: Contacts et Relations:
 | Sujet: Complot dans les jardins en fête [Lacryma] Mar 6 Nov - 18:33 | |
| Le marquis leva son regard vers la grande horloge. Dans son salon il attendait immobile le moment de sortir. Vingt heures, la nuit ne saurait tarder. La fête prévue serait sans doute interminable. Qu'importe, il y en aurait d'autres à l'infini et ceci avait été depuis que Versailles avait vu le jour. Le ministre n'était pas un grand amateur de ces soirées obligeantes mais comme tout homme de cour qui se respecte il ne disait rien et s'y rendait. Bien entendu il avait trouvé à faire. Colbert avait encore tenté de lui mettre des bâtons dans les roues en lui volant ses précieux plans de la prochaine bataille. Fort heureusement le marquis avait assez d'esprit pour en faire une copie mais qu'importe ! Si devant le Roy il parvenait à montrer la traîtrise du ministre des finances alors ce dernier perdrait vertigineusement toute sa grâce. Perdu dans ses pensées la tête haute Louvois ne remarqua pas la servante qui lui apportait son manteau et machinalement fit les gestes nécessaires pour qu'elle puisse facilement lui passer. Son regard était perdu, loin... Il avait hâte de rejoindre Lacryma. Ce renard avait tout l'esprit malsain nécessaire pour coincer ce chien de Colbert ! Oh, à coup sûr s'ils le piégaient ensemble il n'oublierait certainement pas de récompenser l'Italien ! La nuit tombait, la lune était loin de dominer cependant. Les bougies à l'intérieur du château s'éteignaient les unes après les autres. La fête ne se passerait que dehors. Bruyament le marquis soupira et sortit. Dehors il faisait bon. Seule une brise fraîche donnait matière à frissoner. Rien d'alarmant en somme. La cour avait eu de la chance cette fois-là, le ciel ne pleurait pas ses malheurs. D'un pas fier et lent le ministre appuyé sur sa canne au pommeau d'or évoluait avec grâce le long des orangers. L'odeur qui s'en dégageait était superbe. Il fallait dire que les fruits arriveraient bientôt à l'apogée de leur mûrissement et feraient le bonheur de ce cher Le Nôtre. A coup sûr le ministre serait bien le premier à croquer de vives dents ces fruits plantés avec tant d'amour. Louvois s'arrêta net, une forme s'avançait vers sa direction.
-Bonsoir Monsieur le Ministre !
Madeleine de Souvré arrivait péniblement appuyée sur sa canne. A ses côtés une de ses dames de compagnie lui tenait le bras. Malgré son âge fort avancé l'écrivain gardait un visage radieux et un esprit incroyablement vif. En guise de réponse le marquis fit une profonde révérence et donna un fin baiser sur la main ridée de Madeleine.
-Bonsoir, Madame ! Vous vous portez comme un charme en cette soirée automnale ! J'ai ouie-dire que vous aviez en tête un nouveau projet d'oeuvre littéraire ?
La vieille dame porta son gant à sa bouche en signe de flatterie et fit un charmant sourire d'où certes quelques dents manquaient mais un charmant sourire tout de même...
-Je ne viens que très peu comme vous le savez à la cour ! Je me suis établie en retraite dans le couvent de Port Royal à Paris, toutefois il m'amuse de revenir quand le Roi donne en son somptueux palais l'une de ses incroyables soirées !
Pour toute réponse le ministre esquissa un léger sourire et une autre courbette polie. La vieille dame d'un geste d'éventail fit comprendre qu'elle désirait quitter les lieux et après un dernier geste de la tête en direction du ministre gagna les danses effrénées. Cependant elle n'y participerait pas. Elle disait à tous les vents que ses articulations lui portaient défaut et chacun la respectant pour son grand âge s'agitait pour lui attribuer un moelleux coussin filé d'or. Dans le temps l'on murmurait que beaucoup auraient tué père et mère pour avoir un rôle dans une de ses oeuvres. Le marquis avait toujours été admiratif devant tout le courage de cette emblème de Versailles et continuait son chemin tout en s'imagineant lui aussi dépassant les quatre-vingt années de vie. La nuit maintenant arriverait au galop. Au loin s'entendait la musique, perdue dans l'un des bosquets. C'était bien là entre la haie taillée en cigne et celle en biche que Lacryma dans son billet lui avait donné rendez-vous. Le visage grave le ministre de la guerre croisa les bras. Ses yeux sombres se perdaient dans les ténèbres. Bientôt on arrivait. Non, ce n'était que la Fontanges. A son air gris elle avait sans doute supporté une fois de plus les remontrances infectes de la Montespan. Pauvre fille sans esprit, fallait-il être sotte pour faire de la favorite une ennemie ! Avec un sourire le marquis continuait son attente. Au fond elle avait été bien plus attrayante que ce qu'il avait pu le penser. Ah, la cour ! Fière pièce de théâtre, ridicule comédie qu'il est bon de regarder de loin ! _________________ Ne laissez pas les Oiseaux en cage. |
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Lacryma Noble

Inscrit le : 04 Oct 2007 Messages : 11 Plume du Passé Statut: Gitan, voleur Position politique: Contacts et Relations:
 | Sujet: Re: Complot dans les jardins en fête [Lacryma] Dim 18 Nov - 18:32 | |
| Les lumières du jour déclinaient sur Versailles et les jardins n'étaient éclairés que par de maigres lucioles promenant leurs dernières nitescences à travers les fourrés. Dans ces tristes feux follets certains voyaient des fées dansant pour saluer la lune, d'autres pressentaient un mystère capable d'expliquer la beauté même de la Nature.
TO BE CONTINUED |
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